
LE FIGARO - La coalition menée par Ryad a annoncé dimanche la mort de deux pilotes dans un crash d'hélicoptère près de la frontière yéménite, les premiers décès de militaires depuis la reprise des hostilités avec les Houthis pro-iraniens en juillet.
«Un hélicoptère de reconnaissance AH-6i appartenant à la garde nationale s'est écrasé (...) sur le territoire saoudien dans la région de Najran après une défaillance technique, causant la mort des deux officiers qui composaient son équipage», a déclaré le porte-parole de la coalition militaire, Turki al-Malki, selon l'agence de presse officielle SPA.
Samedi, le porte-parole des Houthis, Yahya Saree, avait affirmé que ses forces avaient «abattu un hélicoptère apache de l’ennemi saoudien» dans la même région.
Dans la nuit de samedi à dimanche, la coalition menée par Ryad a également annoncé avoir intercepté deux drones au-dessus de la région de Ryad et un troisième au-dessus de la province orientale, riche en pétrole, après la diffusion d’alertes de «menace aérienne» aux habitants de la capitale.
Elle a aussi fait état de l’interception de deux missiles balistiques «lancés par la milice terroriste houthie en direction de Khamis Mushait», dans le sud du royaume.
Télétravail imposé au Kingdom Centre
Le Kingdom Centre, tour emblématique du centre de Ryad abritant notamment le bureau régional du Fonds monétaire international, a imposé dimanche le télétravail aux employés de ses bureaux, sur fond d’attaques répétées des Houthis du Yémen contre l’Arabie saoudite, notamment sur la capitale.
«Le télétravail est obligatoire pour tous les employés des bureaux du Kingdom Centre, avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre», a indiqué la direction dans un courriel consulté par l’AFP, demandant aux employés de ne pas se rendre sur place. Le centre commercial situé au pied de cette tour de 99 étages reste ouvert, a constaté une journaliste de l’AFP.
Attaques d’une ampleur inédite
Samedi au Yémen, les Houthis ont fait état de 12 morts, dont trois enfants, dans des frappes saoudiennes. Les échanges de tirs sont quotidiens entre les combattants pro-iraniens et l'Arabie saoudite. Après des années d'accalmie, le conflit opposant depuis 2014 le gouvernement yéménite soutenu par Ryad aux Houthis a repris en juillet, ouvrant un nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.
Les hostilités ont gagné en intensité en septembre, avec la prise du littoral yéménite sur la mer Rouge par les Houthis et des attaques d'une ampleur inédite contre le royaume, en particulier sur ses infrastructures pétrolières et ses aéroports.
Le 10 octobre, une attaque houthie sur l'aéroport de Ryad avait fait 13 morts et des centaines de blessés, l'opération militaire la plus meurtrière sur le sol saoudien en plus d'une décennie.
Par Le Figaro avec AFP

