
H24INFO - Le Maroc est en alerte face à la menace d’une invasion des criquets pèlerins venus de Mauritanie. Des essaims détectés dans les provinces du Sud font craindre un impact sur l’agriculture et la sécurité alimentaire.
Le Maroc est placé en état de vigilance accrue face à la menace du criquet pèlerin, dont des essaims ont été détectés dans les provinces du Sud après leur migration depuis la Mauritanie.
Cette situation, confirmée par des rapports récents de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), fait craindre un impact potentiel sur l’agriculture et la sécurité alimentaire dans la région.
Des essaims observés dans plusieurs provinces du Sud
Après les groupes d’insectes adultes signalés dans la région de Tan-Tan au tout début de ce mois de février, il semble qu’une activité de reproduction des criquets pèlerins, également appelés criquets sahraouis, est en hausse dans les provinces du Sud. Des vidéos en circulation sur les réseaux sociaux montrent des essaims sur la route entre Boujdour et Laâyoune mais également sur les plages.
Des regroupements de criquets pèlerins ont été signalés dans plusieurs zones sahariennes, notamment à Laâyoune, Dakhla, Boujdour et Tan-Tan. Des essaims d’insectes adultes avaient déjà été repérés début février dans la région de Tan-Tan.
Ces observations confirment une progression vers le nord d’essaims initialement formés en Mauritanie, où l’activité acridienne s’est intensifiée depuis janvier dernier.
Une alerte confirmée par la FAO
Dans un rapport publié le 5 février, la FAO met en garde contre l’intensification de la menace acridienne au Maroc. L’organisation souligne notamment l’existence de deux fronts régionaux distincts. Le premier est situé entre le nord du Sénégal et le sud de la Mauritanie, où des groupes adultes persistent malgré une légère baisse des essaims immatures.
Quant au second front, jugé plus préoccupant, il concerne directement les zones sahariennes marocaines, où un début de reproduction de criquets adultes matures a été observé fin janvier. Cette évolution indique un risque réel de multiplication des populations acridiennes dans les semaines à venir.
Des conditions climatiques favorables à leur prolifération
Les précipitations exceptionnelles enregistrées ces derniers mois ont favorisé le développement de la végétation dans les régions sahariennes, créant un environnement propice à la reproduction des criquets. L’humidité du sol et l’abondance de ressources alimentaires accélèrent leur cycle de reproduction et facilitent la formation d’essaims capables de parcourir de longues distances.
La FAO anticipe ainsi de nouvelles vagues migratoires en provenance de Mauritanie vers le nord, avec un risque d’extension vers d’autres régions d’Afrique du Nord si les conditions climatiques favorables persistent.
Un ravageur redoutable pour l’agriculture
Le criquet pèlerin est considéré comme l’un des insectes migrateurs les plus destructeurs au monde. Un essaim couvrant un kilomètre carré peut contenir entre 70 et 80 millions d’individus, capables de consommer en une seule journée l’équivalent de la nourriture nécessaire à environ 35.000 personnes.
Ce potentiel destructeur représente une menace directe pour les cultures, les pâturages et l’équilibre alimentaire, en particulier dans les zones vulnérables aux effets du changement climatique.
Surveillance et prévention renforcées
Face à cette menace, les autorités marocaines ont intensifié les opérations de surveillance et de détection précoce afin de prévenir toute invasion majeure. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du dispositif national de lutte contre les invasions acridiennes, qui vise à protéger les ressources agricoles et à limiter les impacts économiques et sociaux.
Toutefois, les données récentes de la FAO indiquent une baisse des surfaces traitées contre les criquets, passant de 82.389 hectares en décembre 2025 à 45.943 hectares en janvier 2026, alors même que de nouveaux foyers de reproduction sont signalés.
Une menace sous contrôle mais toujours active
Selon les prévisions, de nouvelles phases de reproduction pourraient intervenir dans le Sahara marocain au cours du mois de février, avec l’apparition de larves et de nouveaux essaims. Cette situation impose un maintien de la vigilance et une capacité d’intervention rapide afin d’éviter une crise agricole majeure.
Pour l’heure, la situation reste sous surveillance étroite, mais les autorités et les acteurs agricoles demeurent mobilisés face à une menace susceptible d’affecter durablement les équilibres agricoles et alimentaires du Royaume.
Par Marouane Tabet

