Mort de l’enfant Sidi Mohamed : la famille brise le silence et réclame des comptes

SHEMS MAARIF - Après les jours de deuil et de recueillement, la famille de Sidi Mohamed Ould Mahfoud, enfant décédé dans des circonstances tragiques, a décidé de sortir du silence. 

Dans un communiqué adressé à l’opinion publique nationale, le père de l’enfant a tenu à clarifier la position de la famille et à affirmer sa volonté de voir toute la lumière faite sur ce drame qui a profondément ému les Mauritaniens.

Tout en affirmant son acceptation du décret divin, la famille exprime sa gratitude envers la société mauritanienne, toutes composantes confondues, pour l’élan de solidarité et les marques de compassion qui ont accompagné cette épreuve. Elle salue également l’attitude des autorités administratives, qu’elle qualifie de positive face à cette tragédie.

La famille insiste par ailleurs sur un point essentiel : l’envoi de l’enfant à la mahdhara relevait d’un choix pleinement assumé. Bien qu’elle disposât des moyens nécessaires pour assurer à ses enfants un enseignement religieux et coranique à domicile, elle a privilégié l’enseignement traditionnel, par conviction et par attachement à son rôle historique dans la formation intellectuelle et morale des générations.

Cependant, la famille affirme n’avoir jamais été informée de la maladie de l’enfant ni de la dégradation de son état de santé durant toute la période précédant son décès. Selon le communiqué, la nouvelle ne lui est parvenue qu’après son transfert à l’hôpital Cheikh Zayed, où le médecin aurait confirmé que le décès était survenu environ trois heures auparavant.

La mère de l’enfant, qui multipliait les demandes de nouvelles, n’aurait jamais été informée de la gravité de la situation. Le responsable de la mahdhara a d’ailleurs reconnu avoir reçu un message vocal de sa part sans l’écouter.

Autre élément troublant soulevé par la famille : l’enfant se trouvait avec son frère et son oncle maternel, tous deux majeurs, qui auraient été empêchés d’informer la famille de la situation réelle de l’enfant, un fait que la famille dit considérer avec une profonde inquiétude.

Rappelant que les actes de négligence, de mauvais traitements ou de manquement aux devoirs relèvent des crimes de droit public, la famille souligne que les autorités ont toute latitude pour engager des poursuites, même en l’absence de plainte formelle, en raison de l’atteinte portée à la sécurité et à l’intégrité des citoyens.

Dans l’attente du rapport médical officiel, la famille affirme ne vouloir accuser personne à la légère, mais se montre déterminée à ne pas laisser le droit de son fils se perdre. Elle dit également vouloir empêcher que de telles tragédies se reproduisent, notamment au sein des familles qui confient leurs enfants aux structures traditionnelles d’enseignement.

En conclusion, la famille remercie une nouvelle fois tous ceux qui l’ont soutenue durant cette épreuve et affirme ne nourrir aucune animosité envers ceux qui ont émis des jugements hâtifs durant les jours de deuil.

Sa démarche, précise-t-elle, ne vise aucune personne en particulier, mais appelle à la reddition de comptes de toute personne dont la responsabilité serait établie dans la négligence ou la mise en danger de l’enfant, quel que soit son statut.

Un drame qui relance avec force le débat sur la protection des enfants et la responsabilité au sein des structures éducatives traditionnelles en Mauritanie.