CAN 2025: le Sénégal remporte la Coupe au terme d’une finale électrique face au Maroc

RFI AFRIQUE - Au terme d’une finale serrée, tendue et très électrique, le Sénégal s’est imposé devant le Maroc (1-0) pour décrocher la deuxième étoile de son histoire. 

Cette rencontre restera en revanche marquée par les instants ubuesques après la décision de l’arbitre d’accorder un penalty au Maroc à quelques secondes de la fin du temps réglementaire. Les Sénégalais ayant décidé de quitter la pelouse pour protester contre la décision arbitrale.

Il fallait être fort, très fort pour remporter cette finale-là, face au Maroc, porté par près de 65 000 spectateurs, poussé par les millions de prières psalmodiées dans tout le Royaume. Et surtout se relever d’une décision arbitrale qui aurait dû décider du sort de cette rencontre.

Heureusement, cela ne s’est pas fini comme ça. Pas sur un coup de sifflet du Congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala qui restera dans l’histoire (ou pas). Qui restera en tout cas dans la mémoire des Sénégalais qui ont vu, le temps de quelques minutes, la Coupe leur échapper. Avant que le destin ne renverse la table.

« Il faudra une équipe du Sénégal très forte pour venir nous battre chez nous », avait averti Walid Regragui. Le Sénégal a été immense, quand le vent marocain a soufflé très fort. Et s’il avait eu un brin de réalisme en première période, il aurait certainement plié la rencontre avant la prolongation et éviter le tournant de cette fameuse 98e minute.

Ce n’est jamais bon signe quand l’arbitre est acteur principal d’une rencontre, en tout cas sa décision d’accorder un penalty au Maroc à quelques secondes la fin d’une rencontre qui s’était disputée sans incident majeur a été décisive. Elle a déclenché l’ire des joueurs sénégalais, de leurs supporters, des journalistes présents, et probablement porté un coup dans la relation qualifiée de fraternelle entre le Maroc et le Sénégal. Était-elle justifiée ?

C’est une faute d'El Hadji Malick Diouf qui tire Brahim Diaz sur un duel sur un corner. Au vu des ralentis, la décision n’est pas forcément scandaleuse. Le scandale, c’est peut-être quelques minutes plus tôt quand le Sénégal ouvre le score sur corner, mais se voit refuser le but pour une faute (?) de Seck sur Hakimi.

Toujours est-il qu’après plusieurs minutes tendues marquées par le refus des Sénégalais de continuer la partie, Brahim Diaz s’est présenté devant Edouard Mendy pour exécuter la sentence. Que s’est-il passé dans la tête du joueur du Real Madrid au point d’oser tenter une panenka, mal exécutée du reste, quand il avait l’occasion d’offrir la Coupe à son peuple et de devenir le héros du Maroc ?

Celui qui a inscrit cinq buts dans cette CAN a ainsi manqué le penalty et le Sénégal est revenu de très loin. De là où reviennent les survivants, qui ont vu la défaite de très près. Et la victoire ne sera que plus belle surtout que Pape Guèye assomme les Marocains et fait taire tout le stade en ouvrant le score sur une chevauchée conclue d’une frappe imparable dans la lucarne de Bounou (94ee). Incroyable ! Les Lions de la Téranga ont la peau dure, reste désormais à résister à la furie marocaine.

Les Hommes de Regragui n’ont plus rein à perdre et cette finale prend l’allure d’une folie furieuse entre le Maroc qui joue son va-tout, attaque à tout-va et un Sénégal qui s’accroche à son avantage comme un naufragé sur une bouée en pleine mer. Les occasions se multiplient comme les sauvetages de Bounou et de Mendy.

Pour tout dire, ce serait une dinguerie de lister les occasions de but de part et d’autre, mais il a fallu deux immenses gardiens pour ne pas voir plus de buts dans cette finale. Le Sénégal a gagné parce qu’il a su héroïquement garder son avantage aidé par l’expérience de Mané, Mendy et sur de Gana Guèye, une nouvelle fois immense.

Cette équipe du Sénégal a étalé une maturité au cours de cette CAN dont l’apothéose a été cette finale. Il n’y avait pourtant pas son capitaine Kalidou Koulibaly (supendu) et surtout Krépin Diatta, forfait à quelques minutes de la finale. L’arrière droit, qui avait disputé l’intégralité des six matchs du Sénégal était remplacé au pied levé par Antoine, zéro minute depuis le début de la CAN. Les Marocains n’ont d’ailleurs pas hésité à déclencher la plupart de leurs attaques sur le côté du joueur de Nice.

Ce Maroc-là, intraitable en quarts face au Cameroun, qui a éteint le Nigeria en demi-finale, a été incapable de trouver la clé face à ce Sénégal-là qui a gagné la bataille de la possession.

Incontestablement, ce sont les deux équipes du tournoi, de l’Afrique qui se sont affrontée ce dimanche 18 janvier. Ce fut un beau match, magnifié par les applaudissements du public au moment de l’hymne marocain. Les deux pays « frères » sont se sont écorchés, mais une image restera : celui des Sénégalais et Marocains qui se sont embrassés à la fin du match après avoir été très près de s'envoyer des coups. Le meilleur a gagné, la Coupe retourne à Dakar.

Par : Ndiasse Sambe
Notre envoyé spécial à Rabat